ADDICTIONS. CAUSE OU

CONSEQUENCE ?

« La solitude ça n’existe pas » chante Gilbert Bécaud mais il attire notre attention sur ce mal qui ronge notre société. Ce mal est bien présent et peut être encore plus aigu avec la problématique alcool.

Pour avoir si souvent dormi avec ma solitude, je m’en suis fait presque une amie. Une douce habitude, elle ne me quitte pas d’un pas. Fidèle comme une ombre, elle m’a suivi ça et là, aux quatre coins du monde. Non je ne suis jamais seul avec ma solitude… chante aussi Moustaki. Chacun vit sa solitude différemment.

Au début, cela commence doucement au fil du temps, petit à petit la solitude s’installe. La solitude fait partie des principaux maux de notre société actuelle. Au début, on n’y fait pas réellement attention. Alors la personne seule (ou avec le sentiment d’isolement) a recours aux addictions comme stratégie psychique en réaction à l’angoisse de la solitude. Addictions amoureuses et sexuelles sans lendemain, alcool, parfois drogue, s’enfermant dans une spirale de l'échec, sournoise, vicieuse, hautement fallacieuse et perfide.

 

Dans son cas, pour combler sa solitude, Anaïs choisi le mensonge de l’amour fantasmé et l’alcool. Ce duo va devenir une maladie redoutable; celle dont on a peur sans oser le dire, sans vouloir le reconnaître, sans même se l’avouer à soi-même. Une maladie qui envahit la conscience… On ne peut pas comprendre ce qui se passe... Elle s’auto-entretient. Elle s’installe, longue, involontaire, insidieuse, elle fait peur non seulement à la personne qui la subit mais aussi à son entourage.

 

L’alcoolisme est intimement lié à la solitude. il isole au fil du temps le consommateur de sa famille, de ses amis, de la société en général. Parallèlement, à l’enfermement dans la consommation effrénée de l’alcool, Anaïs se voit plonger elle-même dans une spirale implacable d’isolement. Elle se protège, ment auprès des autres (famille, ami, travail), minimise les signes avant coureurs, elle est dans le déni, elle nie l’existence du problème. Elle est encore plus seule assistant à sa propre dégradation

 

Anaïs ressent cette véritable angoisse à l’idée d’être seule, de ne pas faire comme les autres, de ne pas «être» comme les autres, en société, en couple, accompagnée, soutenue, aimée. Elle se sent isolée, souffrant d’un sentiment de démarcation vis-à-vis des autres qu’elle ne peut effacer.

Elle ressent des vertiges, des insomnies des besoins de combler un vide, de boire de l’alcool comme béquille et psychotrope affectif ...

Eprouver la solitude est pour Anaïs synonyme de détresse, de perte de confiance en soi, C’est inacceptable, inenvisageable, inconcevable, c’est à dire impossible. Petit à petit, sa solitude rend très difficile la reprise d’une relation vraie car Anaïs a éteint elle même le goût de la rencontre préférant celui de la rencontre des arômes alcooliques et de leurs effets sur son psychisme.

 

Pour palier à cette incapacité à accepter sa solitude, elle déploie différentes stratégies addictives comme le mensonge, une forme de mythomanie, le recours à une drogue déculpabilisante, une fausse relation de couple en comblant cette absence par un l’alcool salvateur... Pourquoi ces addictions ? Parce qu’elle lui permettent de moins souffrir, d’essayer de ressembler à son amie Sophie, d’essayer d’avoir son ressenti sans faire appel à l’Autre. Tout fonctionne alors comme une drogue, l’alcool bien sûr, mais aussi ses mensonges, l’amour inventé, sa désocialisation et la lente descente aux enfers qui s’en suit accompagnant son faux sentiment de confort. Elle s'empoisonne d’elle même en se dissolvant lentement dans une maladie psychique redoutable. la solitude d’elle même.

Erick* ROBERT